Une équipe formidable, épisode 2

24/06/2009 - Pays : Australie - Imprimer ce message

Voilà maintenant 4 jours qu'on a arrêté de travailler pour le Charity. On estimait qu'on avait récolté suffisamment d'argent pour nos amis les aveugles et surtout on estimait que notre compte en banque de la Westpac était suffisamment fourni pour poursuivre nos aventures.

Attardons-nous aujourd'hui sur un personnage on ne peut plus énigmatique du Charity: Brett, le coordinateur.

Si on on avait écrit ce post 3 semaines auparavant, ça aurait ressemblé de très prêt à un pamphlet contre lui. Les choses ont bien changées depuis. Déjà, il s'est décidé à user de nos services pour la récolte de sous-sous plus régulièrement dans la semaine et ensuite parce qu'il s'est montré plus que généreux en vers nous à plusieurs occasions.

La première fois que je l'ai vu, je me suis demandé combien de cafés il avait bu depuis le matin tant son débit de parole frôlait l'excès de vitesse (ce qui rendait la compréhension plus que difficile) et tant son comportement ressemblait à celui de quelqu'un devant choper le train à Montparnasse alors qu'il se trouve encore à Gif-sur-Yvette 30 min avant le départ. J'ai déjà essayé, c'est impossible.

Au bout de 20 minutes, je me suis aperçu que ce n'était pas le nombre de café avalés depuis le matin qui le rendait comme çà mais plutôt une bonne grosse ligne de poudre blanche. Jusque là, ce ne sont que des soupçons.


Ce qui était plus que bizarre, c'est qu'on avait l'impression qu'il couvait un rhume depuis 20 ans tellement il reniflait toutes les 27 secondes. Les soupçons se confirment tranquillement. Tous les matins, quand il sortait de sa voiture pour nous saluer, on avait le droit à une avant première des créations de Jean Paul Gautier. Des fois, c'était moonboots, short, chemise de bucherons, rentrée dans le short biensûr, et casquette des années 80. D'autres fois, c'était chemise de chantiers sous un beau gilet en laine, baskets classiques avec des chaussettes qui nous tiendrait au chaud par un temps de -20°C.

Quand il conduisait pour nous emmener au spot de collecte, il fallait s'accrocher. Sa conduite collait à son personnage. Accélération à la « Jacky -moumoutte » au volant d'une R 21 customisée, freinage à la Jean Alesi. Un vrai spectacle, pas très rassurant quand même. En conduisant, il écrivait des textos de la main gauche, se recoiffait toutes les 12 secondes avec sa main droite, faisait de la percu avec ses doigts sur le volant, remuait son genou gauche au rythme de la musique, tenait le volant avec son genou droit et tenait une conversation avec ses hôtes. Tout çà en même temps. Voilà pourquoi, on n'était pas toujours rassurés. En fait, c'est l'avant dernier jour qu'il nous est apparu plus calme qu'à l'habitude. Il n'avait pas dormi de la nuit et semblait un peu naze derrière ses lunettes de soleil alors que dehors il pleuvait à vache qui pisse. Arrivés au feu rouge, il s'arrête. Normal. Le feu passe au vert et là...rien. Il ne réagit pas. Lorsque la voiture le précédant nous avait pris 100 mètres, on décide de l'interpeller: « Brett, c'est vert! » Et lui de répondre: « Oh merde, je m'étais endormi ! » Il était 8 heures du matin, faut-il le rappeller ?!? Il nous a fait le coup 3 fois avant de nous déposer.


La caractéristique de cet étrange personnage est d'être au moins en retard de 30 minutes à chaque fois. Le hic est que ce retard est par rapport au retard que lui annonce. L'avantage est qu'avec l'habitude, on arrive à savoir quand est-ce qu'il va arriver. Pour exemple, l'autre jour, le rendez-vous était à 8h devant chez nous. A 8h20, il nous appelle en nous disant qu'il venait de se lever. Il aura 15 minutes de retard. Chrono en main, il nous rappelle à 8h45 pour nous dire qu'il est en ville et qu'il aura 15 minutes de retard. Donc là, si vous avez bien suivi, à quelle heure arrivera-t-il?........Bingo en plein dans le mille, il a débarqué à 9h30. Le comble dans l'histoire, c'est qu'à peine dans la voiture, il nous informe qu'il nous emmène à la gare pour qu'on puisse choper le train et aller sur les spots de collecte. Au delà du personnage lui-même, cet exemple résume en quelque sortes la méthode de travail à l'australienne...No worries and not too fast !!! (t'en fais pas et surtout ne va pas trop vite !)


Ce mec est doté d'un 'jmenfoutisme » très prononcé. A 3 reprises, on l'a invité à la maison pour qu'il vienne bouffer avec nous. A 3 reprises, il nous a confirmé qu'il viendrait avec plaisir. On décidait donc à chaque fois de préparer quelque chose d'original à manger. A 3 reprises, alors que la bouffe était prête, il nous dit « Ah bah nan en fait, je suis un peu busy (occupé), je ne passerai pas ». La meilleure, il nous l'a réservée pour la fin. Il nous propose de nous emmener voir les Pinnacles (parc national se trouvant à 3h de route au nord de Perth) le mardi précédant notre départ. Top méga cool, ça va être une super journée! Qu'on se disait. Le lundi, il m'appelle pour me confirmer qu'il passerait à 12h30 chez nous et qu'avant de partir, il mangerai avec nous. Résultat, à 13h30 le mardi, alors que les filets de poulets sont en train de baigner dans leur sauce citronnée et que les frites sortent tout juste du four, il m'appelle et me lâche: « Bah en fait il ne fait pas beau donc c'est mort pour les Pinnacles ». Merci de prévenir à l'avance Brett.


Bon j'arrête de fustiger ce pauvre petit Brett qui n'a rien demandé ! Au final, avec tous ses défauts, on a réussi à bien l'apprécier car il a toujours été prêt à nous aider. Tous les dimanches, il nous payait pizzas et bières après le boulot. Et çà, on adhère, on adore !!! Derrière son côté « No worries mate », il était très intéressant et cultivé en plus. C'était d'ailleurs assez marrant de voir le tableau qu'il peignait de « son Australie » . Regard très réaliste sur une population américanisée, peu autonome (chez les jeunes). Bref, le sujet n'est pas, dans ce post, de débattre sur la population australienne, donc passons.

Hier soir, pour se faire pardonner des Pinncales annulées, il nous a organisé une virée en ville (la dernière à Perth car on prend l'avion ce soir). On a passé la soirée dans des pubs à mater des concerts et boire des whisky-coke (Ca change du goon et ça fait du bien ma fois, n'est-ce pas Antoine? No comment). Il nous a tout payé de A à Z, sauf à la lettre N ( pourquoi « N », je ne sais pas) où Michel (Antoine) a décidé de mettre sa tournée par politesse. 45 dollars la tournée, il s'en souviendra.

Faut dire qu'il a de l'argent le Brett ! car en plus d'être un consommateur invétéré de sucre amélioré, il s'est lancée dans le commerce....très fructueux à en voir les liasses de billets qu'il a dans son porte-feuille. Encore une fois, le but dans ce post n'est pas de savoir si vendre c'est bien ou mal. Forcément, c'est pas top génial au regard de la loi qui n'aime pas beaucoup très bien les dealers. Le but est juste de vous décrire le personnage dans sa totalité.

Si je devais le comparer à un personnage de film, çà serait le dealer dans le film Pulp Fiction chez qui Travolta débarqe avec la gonzesse défoncée. Ca parlera aux connaisseurs.


Voilà ce que je peux dire sur ce personnage haut en couleur. A l'inverse des 2 autres personnages du Charity, on gardera de bons souvenirs avec lui.


To be continued


Michel (Romain)
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